Coucou

Coucou
Hallo toi !!!

Ici, se regroupe toutes mes fics et Os que j'ai pu écrire sur les Tokio Hotel, et depuis peu Harry Potter (HPDM)

Donc pour ci qui atterrissent ici sans savoir où ils sont, ceci est un blog

YAOI, TWINCEST !!!!!

Alors tous ceux qui sont listés dessous sont priés de partir sans gueuler, merci :

- Homophobes
- Rageurs
- Coincés du cul
- Petits et gros merdeux


Sinon vous êtes bienvenus et vous n'accueille les bras en grands zouverts !!!!!!!

Pour être prévenu des nouveaux posts (os et chapitres de fics), entrez cette adresse, siou plait :
fics-os-sinien@live.fr


(désolée pour les fautes qu'il y a, mais je n'aime pas trop me relire alors j'ai dû en omettre, surtout dans les premières fics)


Sommaire


Foire aux questions (cliquez dessus)

Pub de fics (cliquez dessus)


Os :

- A deux coeurs
Twincest - DeathFic

- Une balançoire
Twincest - PWP

- Je saigne dans une ruelle
Twincest - DeathFic

- Une seule fois et pour toujours (ma première fic, une horreur)
Twincest - DeathFic

- Tourner trop vite
Twincest - Angst

- Ma lumière ...
Twincest - SongFic - DeathFic

- Eaux troubles
Twincest - DeathFic

- C'était son dernier rêve - Entre Georg et un ami qui va (est) mort, un hommage à un ange
Autres couples - DeathFic

- Je suis un têtu !!
Non Twincest - Humor

- House without ware
Non Twincest - Angst

- L'étroitesse de leurs corps
Twincest - Angst

- Wie ein dem anderen
Twincest - Angst

- Parallèle
Twincest - Non Twincest - DeathFic

- Tu es 35% plus beau quand tu souris
Drarry - Angst - Romantique

- Fragrance in der Destillation - NEW !
Non Twincest - Angst

- Je ne joue plus sans toi - NEW !
Twincest - Drama - DeathFic /!\ Scène très choc !!! /!\


Mini fics :

- Double jeux (Twincest)
----------------------- Chap 1 : Rencontre
----------------------- Chap 2 : Rencontre sans déguisement
----------------------- Chap 3 : Les masquent tombent
----------------------- Chap 4 : On craque
----------------------- FIN


Fics :

- Battre en retour (Twincest - Ages : 22 ans)

----------------------- Chap 1 : Quelqu'un
----------------------- Chap 2 : Yasuo
----------------------- Chap 3 : Retour ?
----------------------- Chap 4 : Pourquoi ça fait toujours aussi mal ?
----------------------- Chap 5 : Mode
----------------------- Chap 6 : Orage
----------------------- Chap 7 : Goutte
----------------------- Chap 8 : Le pourquoi du comment
----------------------- Chap 9 : Illusion
----------------------- Chap 10 : Accident
----------------------- Chap 11 : Folie
----------------------- Chap 12 : Des mots que pour lui
----------------------- Chap 13 : Promesse d'espoir
----------------------- FIN



- Un mimétisme parfait (Twincest)

----------------------- Chap 1 : Un billet un carnet
----------------------- Chap 2 : Concert
----------------------- Chap 3 : Retour pas facile mais
----------------------- Chap 4 : C'est dur de ressentir
----------------------- Chap 5 : L'hôtel
----------------------- Chap 6 : Mon père
----------------------- Chap 7 : L'ascenseur
----------------------- Chap 8 : Non, oui Oui, non
----------------------- Chap 9 : Connaître
----------------------- Chap 10 : Tentation
----------------------- Chap 11 : Une fille spéciale
----------------------- Chap 12 : Départs et arrivée
----------------------- Chap 13 : Voir double
----------------------- Chap 14 : Passé
----------------------- Chap 15 : Décision
----------------------- Chap 16 : Un souvenir
----------------------- Chap 17 : Ressaisis toi !
----------------------- FIN



- Essences opposées (HPDM, tragedy)

----------------------- Prologue
----------------------- Chap 1 : Souriez, vous êtes observés !
----------------------- Chap 2 : Problèmes sableux
----------------------- Chap 3 : L'enstase
----------------------- Chap 4 : Un saut rempli de surprises
----------------------- Chap 5 : Tous les moyens sont bons
----------------------- Chap 6 : Oublier et changer
----------------------- Chap 7 : Fatalement
----------------------- Chap 8 : Quand madame intervient
----------------------- Chap 9 : Bordel, vis !
----------------------- Chap 10 : Peurs du futur
----------------------- Epilogue
----------------------- FIN



- Dans nos regards se jouent nos vies (Twincest - Ages : 15 ans)

----------------------- Chap 1 : Nouveaux regards
----------------------- Chap 2 : Regards en larmes
----------------------- Chap 3 : Noirs de leurs regards
----------------------- Chap 4 : De son regard brillant
----------------------- Chap 5 : Tempête de regards
----------------------- Chap 6 : Regarder un ange fait très mal
----------------------- Chap 7 : Les souvenirs de son regard
----------------------- Chap 8 : Oser poser un regard dans le futur ?
----------------------- Chap 9 : Je dois regarder ses explications
----------------------- Chap 10 : Certains regards sont menteurs
----------------------- Chap 11 : L'absence de son regard
----------------------- Chap 12 : Passé et regards


Sinièn

# Posté le lundi 14 avril 2008 14:33

Modifié le mardi 18 août 2009 16:14

Foire aux questions

Foire aux questions
Salut tout le monde

Voilà, je viens de décider de créer une boite aux questions.

Ici vous pourrez me poser toutes vos questions en rapport avec mes fics (y compris Souvenir de Peur) et voire même un peu d'ordre personnel.

J'y répondrais au fur et à mesure dans cet article.

Alors n'hésitez pas en m'en poser !!!!!!!!!!


__________________________________________________


*1* Qui est l'ange blanc ? : En fait il n'y a pas de représentation réelle de cet ange, contrairement à l'ange noir. Il est une image symbolique du passé. Dans le fic il apparait deux fois. Une fois dans le chapitre 8, mais c'est une image floue, très subjective, irréaliste même. Et une autre fois dans le chapitre 25, où là c'était un peu plus précis. En fait ce n'est pas un être mais plus une impression, un repère que Tom ne comprend pas.


*2* X-verloren-x, tu as vu juste pour le dernier Os, tes suppositions sont bonnes.


*3* Erreur sur les dates des anciennes fics : Pour les dates, j'avais fait une petite erreur pour la première fic, c'est Mai 2007. Mais sky veut pas me le corriger. A chaque fois que je tente de modifier l'article il refuse. Désolée.


*4* D'où vient mon pseudo Sinièn ? : Ah, mon pseudo Sinièn (ne pas oublier l'accent sur le "e" ^^) ... En fait il vient d'une série de livres, Arkem, la pierre des ténèbres que j'ai lu au lycée pour mon propre plaisir. Lors du second volume, l'héroïne se nomme Sinièn (déesse de la vie). Son caractère m'avait énormément marqué. Une enfant perdue avec un immense destin à accomplir. Farouche et innocente en même temps, plus l'originalité du nom ... c'est devenu mon pseudo sur internet.
En plus c'est pas répandu !!! =D


*5* Si t'avais un top 5 de tes fics yaoi préférées, ça serai quoi ? : Alors :
1 : The Formative
2 : Tous les fics de Pilgrim67 sur FF
3 : Démortia
4 : Parce qu'on ne se connaît pas
5 : YaoiSeXtazy
Comme vous avez pu remarquer, j'aime aussi les HPDM.


*6* Est-ce que tu rééditeras un jour ton ancienne fic Les Opposé Font Un ? : Je ne sais pas. En fait là j'étais partie dans une fic un peu futuriste et maintenant je suis plus dans un style réaliste. Donc actuellement non. Mais qui sait un jour ...


*7* Les photos sur mon profil me représentent-elles toutes ? : Eh bien oui, c'est moi. Pas à la même période, certaines datent d'il y a plus d'un an. Mais c'est moi.


*8* Depuis quand écris-tu du twincest ? : *va vite recherche sur ses vieux blogs les dates ^^* Alors ça fait depuis mai 2007, voilà.



*9* Y aura-t-il une suite à Souvenirs de Peur, où Tom apprend à vivre sans Klaus, avec l'amour de Bill et sa nouvelle famille ? : Désolée, mais non. Cette fic est définitivement terminée et je n'écrirais rien de plus dessus. Pour moi, j'ai atteint mon objectif et même plus, donc je suis très contente de ce que j'ai écrit.


*10* Est-ce qu'un jour tu pourras écrire une fiction où Bill et Tom ne sont pas jumeaux et où il n'y a que du Tom dominé par Bill ? : Pourquoi pas. J'ai beaucoup de projets commencés, des idées qui arrivent comme ça et je peux très bien adapter. Il faudra juste attendre parce que je n'écris que deux fics en même temps, au maximum, quand j'ai le temps et que je suis très inspirée.



Sinièn

# Posté le lundi 28 avril 2008 07:10

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 11:30

Pub

Pub
Coucou !!

Ici, viendront s'ajouter les liens des fics que j'aime particulièrement, afin de vous donner des idées de lecture pour celles qui ne savent plus où aller.

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- http://x-verloren-x.skyrock.com/ : Fic assez spéciale au niveau de l'intrigue, on se pose beaucoup de questions.
Le style du récit est très plaisant, assez onirique.
A lire en priorité !!.


- http://theformative.skyrock.com/ : Traduction d'une fic de Undrockroll et Cynical terror, une pure merveille à lire, mêlant sexe, innocence et amour.
De quoi passer des heures avec des étoiles dans les yeux !!
A lire absolument !!


- http://th-in-meinem-leben.skyrock.com/ : La seule GG' que je lis, mais que j'aime beaucoup.
L'histoire est simple, mais racontée avec tellement d'amour que l'on ne veut qu'une chose : la suite.


- http://th-yaoi-auth-community.skyrock.com/ : Pour ne lire que des Os faits par les meilleurs écrivains de yaoi.
Une communauté qui les regroupe et qui vous permet de lire de fabuleux écrits divers et variés, sans avoir à attendre la suite, vu que se sont des Os.


- http://secours-yaoi.skyrock.com/ : Car le Yaoi n'est pas toujours accepté et que certains blogs disparaissent contre notre volonté. Afin que tous les lecteurs aient un endroit où retrouver leurs fics préférées effacées.


Sinièn

# Posté le samedi 23 août 2008 11:58

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 16:34

Tourner trop vite

Tourner trop vite

Tourner trop vite



Le cheval montait et descendait à une allure régulière, tournant lentement sur une musique joyeuse et enfantine. Son compagnon allait à la même allure et tout cela dans une opposition parfaite. Osmose des rouages, tout était calculé à la seconde près. Le moment où le cheval arrivait au plus haut, l'autre était au plus bas. Puis il redescendait une fois de plus alors que son homologue montait. A la moitié de leur progression, les deux bêtes se retrouvaient au même niveau. Un coup d'½il rapide, un sourire en coin et c'était déjà finit. Mais ça recommençait encore et encore. Attendant toujours cet infime instant où ils se croisaient, une ronde innocente et empreinte d'étoiles d'enfants. Un tour qui ne finissait qu'avec la musique, sous des rires cristallins.

- Macky, encore un tour !!! Tourne, tourne, tourne
, disait le petit garçon en tournant sur lui-même et en riant.

C'était il y a treize ans ...

Un jeune homme brun s'étira de tout son long dans un lit aux proportions gigantesques. Son pied rencontra une chose douce et familière, une chose ronde et longue. Il soupira et se releva un peu pour voir le propriétaire de cette “chose”. Il posa ses poings sur ses paupières collées et les frotta sans ménagement pour se forcer à les ouvrir. La chambre était plongée dans une faible pénombre et il devinait facilement les formes autour de lui. Par terre jonchaient diverses choses. Bouteilles vides, habits froissés, cigarettes et joins éteints, cartes éparpillées ... un vrai champ de bataille digne d'une bonne beuverie. Il s'assit tout en repoussant les draps autour de lui. Un mal de tête le prit et il jura contre la gueule de bois.

- Et merde ! Putain de mal de crâne de merde ! Plus jamais de soirée à boire.

Il disait ça à chaque fois mais recommençait encore et toujours. Un grognement provenant du possesseur de la “chose” lui fit lever la tête. La masse en face de lui se retourna un peu et se mit à ronfler bruyamment. En voyant son frère avachit à l'autre bout du lit, ses dreads blonds éparpillés autour de lui, le jeune homme sourit. Mais la lancinante douleur aux tempes le reprit et il attrapa sa tête entre ses mains. Après avoir pesté contre tout et n'importe quoi, il décida de se lever pour aller prendre un cachet contre le tambour qui avait élu domicile dans la totalité de son crâne.
D'un mouvement de pied il repoussa les draps, les envoyant sur son frère, le recouvrant totalement. Il bascula ses jambes dans le vide et tenta une première fois de prendre appui dessus. Mais à croire que le sort s'acharnait sur lui, il retomba immédiatement dans un bruit sourd sur le matelas.

- Et merde ! Grogna t'il.

Il réitéra son geste deux fois avant d'arriver à tenir en équilibre sur le sol. C'est alors qu'il remarqua qu'il était totalement nu. Mais il ne s'en formalisa pas, la douleur étant bien plus importante que sur le pourquoi du comment de sa nudité. Tout en essayant d'éviter les nombreux obstacles recouvrant la moquette et en se tenant aux meubles comme au mur, il arriva enfin à la salle de bain. D'un mouvement de main maladroit il alluma la lumière. Celle-ci l'agressa immédiatement et il ferma les yeux sous sa puissance. A tâtons il trouva le lavabo et s'y accrocha fermement. Lentement, ses yeux s'habituèrent à la luminosité aveuglante et il finit par ouvrir deux légères fentes pour voir ce qu'il faisait. Tout en faisant d'horribles grimaces que son reflet lui renvoyait, il trouva une boîte de médicament. Il en avala deux d'un seul coup, priant pour qu'ils fassent effet rapidement. Son acte surhumain accompli, il se laissa glisser contre le froid du carrelage et attendit. Ses yeux se fermèrent d'eux même, la fatigue le gagnant à nouveau. Mais il luttait contre ce sommeil. Il ne voulait pas retourner en arrière, à cette époque oubliée, cette époque qu'il jugeait d'horreur. Ses bras trouvèrent ses jambes et il ramena ces dernières contre son torse pour les enlacer. Inconsciemment, la mélodie de son rêve lui revint et il se mit à se balancer en rythme. Au rythme des chevaux, de leur montée et de leur descente, tout en tournant légèrement son corps, il commença à siffler l'air qui l'envahissait, prenait possession de lui.

- Eh ! Tu fais quoi Bill ? L'interpella une voix grave et connue.

Le jeune homme sursauta et croisa deux orbes marron le fixant avec étonnement. Le visage en face de lui avait tant changé depuis cette enfance perdue. Ses traits enfantins avaient disparu pour laisser place à un homme, viril. Son front était plus large, son nez plus fin et moins taquin. Ses joues creusées par la fatigue s'alignaient parfaitement avec les cernes sous ses yeux. Enfin, ses lèvres étaient charnues et sèches, toujours étirées dans un rictus plus ou moins prononcé et son menton avait pris une forme plus carrée. Mais c'était ses yeux qui marquèrent Bill. Ils n'avaient presque pas changé. Toujours la même couleur, la même forme, les mêmes cils ... mais sans l'étincelle qu'il y avait dans ce rêve.

- Pourquoi t'es à poil ? Lui demanda son frère tout en prenant les mêmes cachets que lui.
- Je ... je sais pas, bégaya t'il en se relevant et en cachant son sexe avant se retourner dans la chambre.

Le mal dû à l'excès d'alcool commençait à disparaître mais une nouvelle douleur le remplaça. Surpris, Bill s'arrêta et porta sa main à ses fesses. Il n'avait pas réellement fait attention à cet endroit douloureux, la tête l'étant bien plus. Mais maintenant, des questions surgissaient, questions sans réponse logique.

- Bill va te tripoter ailleurs ! Lui intima son frère en passant à côté de lui.

Tom se rallongea de tout son long sur le lit, les bras et jambes en croix.

- J'ai mal, murmura Bill.
- Moi aussi. A la tête.
- Non pas là. Au cul.
- T'es constipé Bill, va chier un coup et ça ira mieux.
- Tom !!
- Quoi ?
S'énerva le blond en se relevant.
- C'est ... c'est pas normal. Et j'ai vraiment mal, commença t'il à s'inquiéter.
- Putain tu fais chier. T'as qu'à savoir ce que tu fais de ton corps.
- Je te rappelle que tu étais là aussi.


Tom soupira et se leva pour faire face à son frère. Il était un tout petit peu plus petit que lui mais bien plus fort.

- Ouai et je m'en rappelle juste parce que je me suis réveillé dans ta chambre et non la mienne. Alors me demande pas ce que tu as pu faire, j'en sais rien.
- To ... To ... t ... Tom
, paniquait Bill. Pourquoi il y a une capote usagée par terre.
- J'en sais ... Une quoi ?


Il se retourna pour voir les dires de Bill s'affirmer. Au sol gisait un préservatif rempli de sperme sec.

- Ben on a eu un cadeau bonus hier soir. Des filles. Mais c'est con que je m'en rappelle pas, ironisa t'il.

Mais Bill ne riait pas. Un autre scénario avait fait son chemin dans sa tête et il n'y avait pas de filles dedans. Les souvenirs de leur nuit revenant, il tituba et se rattrapa in extrémis à une chaise. Il n'arrêtait pas de cligner des yeux, fixant l'objet intrus.

- Eh Bill, c'est qu'une capote. Je te savais pas aussi prude. Pourtant c'est pas la première fois que tu baises. C'est parce que j'étais là ? T'as peur que je t'ai vu faire des choses perverses
, le taquina Tom.

Mais pour le brun, tout était clair. Il se laissa tomber sur la chaise en tentant de reprendre son souffle qu'il avait inconsciemment coupé.

- Bon je vais prendre une douche. Mets toi au moins un boxer ou une robe de chambre sur le dos
, dit il avant de disparaître dans la salle de bain.

Dans la chambre, Bill n'arrivait pas à réaliser ce qu'il avait fait et surtout avec qui. Lorsque son frère le rejoignit un peu plus tard, Bill n'avait toujours pas bougé. Tom attrapa un drap et le posa sur le corps immobile. Tout en le recouvrant doucement, il s'accroupit et remarqua alors une chose inhabituelle sur son ventre. Un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres.

- Tu te rappelles de la soirée ? Demanda t'il

Bill hocha la tête.
Tom tenta de calmer son fou rire naissant et se mit à hoqueter tout en parlant.

- Tu ... tutu ... t'es pas ... bran ... anlé ... en ... en en me regardant bais ...aiser la meuf ... fefefe ? T'as ... t'as du ... spe ...sperme ... là !!!!


Le brun tourna enfin la tête vers son frère hilare, analysant ses paroles. Un regard noir empli ses iris et il se releva brusquement en s'enroulant autour du drap. D'un pas rageur il entra dans la salle de bain où il s'enferma.
Mais juste avant il lança une réponse à son frère.

- T'as qu'à te souvenir de ce qu'on a fait !
Cria t'il en insistant sur le “on”.

__________________________________________________

Le photographe mitraillait le groupe de musique Tokio Hotel depuis quelques minutes et il n'était pas satisfait. Tout en demandant à son assistante un autre appareil photo, il indiqua aux quatre membres ce qu'il attendait d'eux.

- Non, Gustav, moins triste. On dirait que tu vas à un enterrement. Plus haut les mains Georg, plus haut. Oui voilà comme ça. Tom tourne toi un peu. Oui, comme ça. Regarde moi maintenant, regarde moi. Non ça ne va pas !!! Qu'on me refasse son maquillage, ça ne va pas du tout !!!

Aussitôt toute une équipe de professionnels arriva et commença à repoudrer Tom.

- Bill, qu'est ce que tu me fais, reprit le photographe. T'es pas là ! Oh Bill, réagis, je ne te sens pas.
- Hein ? Oh, oui. Pardon
, s'excusa le leader du groupe en se redressant un peu.
- Bon allez, on reprend. Bill et Tom, regardez moi. Plus sombre le regard, Gustav. T'es pas à une émission des bisounours.

Les flashs fusaient à nouveau, éblouissant les quatre jeunes hommes qui posaient pour une revue adolescente allemande. Aujourd'hui, ils faisaient un concert à Dresde.
Leur journée avait débuté par une interview où les réponses étaient préfabriquées pour plaire à leur jeune public. Puis ils enchaînaient avec un photo shooting avant d'aller répéter pour leur concert de ce soir. Comme toujours leur journée était chargée, programmée à la minute près, sans réelle liberté.

- Non, non et non !!!! S'énerva le photographe. Ça ne va pas du tout. Bill je ne sais pas ce que tu as mais tu n'es pas là. Je ne peux pas travailler dans ces conditions.

Il posa rageusement son appareil en lançant des éclairs au jeune homme brun. Ce dernier le toisa de bas en haut et grimaça. Il se moquait bien de cet homme qui faisait un caprice. Il n'avait qu'à savoir le rendre convenable, c'était son travail après tout. Les deux hommes se défiaient du regard. Une tension était palpable dans le studio et personne n'osait intervenir. Brusquement, sans prévenir, Bill partit et laissa tout en plan.

- Ben qu'est ce qui lui prend ? Questionna Gustav.
- J'en sais rien. Il est bizarre depuis ce matin.
- Laissez, je vais aller le voir
, dit Tom en partant à sa suite.

Il retrouva son frère dans le couloir, adossé au mur.

- Eh Bill, ça va pas ?

L'interpellé se retourna et sourit. Un sourire forcé, rempli de faux semblants, mais parfait. Un sourire qui trahissait sa peine. Un sourire qu'il avait appris à peaufiner au fil du temps et qui était sans faille aujourd'hui. Même lui y croyait.

- Qu'est-ce qui t'a pris ?
- Fatigue.
- Oh. Bon tu reviens ?
- Oui, j'arrive.


Son air joyeux collé au visage, Bill suivit son frère et retrouva les autres pour continuer le shooting. Mais même si sur son visage tout allait bien, en son for intérieur les évènements de la nuit ne cessaient de le hanter. Il n'arrivait pas à réaliser ce qui s'était passé. Mais ce qui le gênait encore plus c'était que Tom ne s'en souvenait absolument pas. Leur soirée avait été tant et si bien arrosée que la mémoire du blond lui faisait défaut. Tout avait commencé tôt dans la soirée. Les quatre célébrités s'étaient retrouvées dans la chambre de Gustav pour parler et profiter de ce rare instant libre. Puis d'un commun accord ils avaient décidé de sortir en boite. Bien évidemment, lorsqu'ils rentrèrent, ils étaient plus ou moins bourrés. Bill et Tom avaient décidé de rester encore un peu ensemble avant d'aller se coucher. Ils étaient allés dans la chambre de Bill et avaient continué la fête. Alcool, jeux stupides, joints, la chaleur montait en eux. Rapidement sans s'en rendre compte, ils s'étaient retrouvés nu, un désir à assouvir. Ils n'avaient pas réfléchi et s'étaient embrassés avant de coucher ensemble. Un besoin impérieux de sentir le corps de l'autre, de se sentir un peu vivant durant quelques minutes. Une envie irrésistible de se laisser aller dans les bras de l'autre, de ne plus se laisser contrôler. Juste d'être soi, sans les masques du showbiz, sans les paillettes des concerts et les lumières des flashs.

- Bill !!! Hurla une voix stridente, le sortant de ses souvenirs honteux. Je n'en peux plus. Une pause, j'ai besoin d'une pause !!

Le photographe quitta soudainement le studio tout en pestant contre ces stars qui se croient tout permis.

__________________________________________________

Le concert venait tout juste d'être finit et Bill avait quitté précipitamment la salle, ne restant pas pour attendre quelques éventuelles groupies ou fans. Lui qui d'habitude était le premier à accoster les filles et à revenir à l'hôtel avec une ou plusieurs, ne se sentait pas d'humeur à voir un corps de fille nu.
Toute la journée il avait évité son frère, sursautant dès qu'il le touchait, l'engueulant quand il était trop prêt de lui. David l'avait à diverses reprises, pris à part, lui intimant de se calmer et de réussir le concert. Bien sûr, il avait souri de ce magnifique sourire connu de tous, que personne ne comprenait. Lors d'une interview non prévue avant le concert, il avait répondu aux multiples questions, récitant son texte par c½ur. C'était ça être le leader du groupe. On ne lui avait pas dit de dire telle ou telle chose mais il savait pertinemment que s'il ne le faisait pas, David serait mécontent. L'image du groupe baisserait et des fans disparaîtraient. Alors il faisait ce qu'on lui demandait de faire dans le silence. Le seul au courant du stratagème muet, perdu dans ce manège infernal qui tournait sans fin. Un être de vingt ans jouant le rôle du parfait chanteur à longueur de journée, sûr de lui. Un masque et un costume digne du carnaval de Venise qui ne lui seyaient guère. Il voulait changer, ne plus être cet androgyne sur lequel fantasmait des millions de filles. Mais il ne pouvait pas.

Bill était allongé dans son lit immense. Les draps avaient été changé, la honte de la nuit dernière oubliée. Plus rien ne traînait par terre, les preuves de sa chute effacées. Les mains derrière sa tête et le regard planté sur le plafond, il repassait en boucle les actes commis la nuit précédente. Il cherchait à savoir pourquoi, comment il en était arrivé ... ils en étaient arrivés là. Par moment il sentait la vérité toute proche mais elle semblait bien trop horrible pour être réelle. Alors il la chassait et replongeait son regard sur le plafond sans imperfection. Il trouvait que ce dernier lui ressemblait un peu. Lui aussi devait être parfait, sans faille ni fissure. Lisse, qu'on pouvait regarder mais très difficile à toucher. Une chose idéale mais presque impossible à atteindre.
Il soupira et roula sur le côté. Ses yeux tombèrent sur les lettres rouge sang du réveil, indiquant 0.43. Les autres membres du groupe devaient être en boite à cette heure là, s'amusant avec des filles. Il reporta son attention sur le plafond, le film de la soirée passée revenant malgré lui. Mais soudain la porte de sa gigantesque chambre de luxe s'entrouvrit et une tête avec des dreads passa l'entrebâillement.

- Bi ... Bill, chuchota Tom, la voix un peu tremblante.
- Mmh.

Le blond entra et referma la porte derrière lui. Le corps parcouru de sanglots il avança et s'arrêta au pied du lit. Sa respiration était erratique et il n'arrêtait pas de renifler.

- Tom ? Commença à s'inquiéter Bill.
- Tu m'aimes pas hein ? Tu m'aimes pas.
- Tom, qu'est ce qui t'arrive, t'es bourré ?
- Tu me fuis depuis ce matin, depuis ... que tu as dit te sou ... souvenir de la nuit dernière. Tu me hais hein ? Tu m'aimes plus. Je suis méchant. J'ai été mimi ... ssant, un vilain garçon.


Le brun s'inquiétait de plus en plus pour son frère qui semblait au bord de la crise de larme et disait n'importe quoi. Il se releva et alluma la lampe de chevet. Aussitôt il croisa deux yeux injectés de sang aux pupilles dilatées.

- T'as pris quoi ? demanda Bill.
- Rien.
- Tu as pris quoi ?
Insista t'il.

Tout en se jetant dans ses bras, Tom pleura.

- Je ... pardon Macky. Pardon Macky. Tu me détestes encore plus hein ? Maman elle va me punir ? Tu voudras plus dormir avec moi.

Le plus jeune des deux était complètement paralysé. Son frère était en train de faire un bad trip et semblait revenu en enfance. Il l'appelait par son surnom, celui qu'il n'avait plus entendu depuis des années ... trop peut –être. Des images de son rêve et de ses souvenirs nocturnes les plus proches se mêlaient. Mais le pire était cette proximité. Et Tom qui ne cessait de l'appeler par son surnom en le serrant et en s'excusant.
Alors qu'il se relevait un peu et que le brun croyait ce cirque fini, Tom prit une bouille enfantine et se mordilla la lèvre inférieure.

- Je ... je ... peux dormir avec toi ? demanda t'il d'une manière innocente.

Bill écarquilla les yeux. Cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas dormi ensemble parce qu'ils le voulaient. C'était toujours soit par obligation, soit par nécessité, comme la dernière fois par exemple.

- Tu es fâché Macky ?
- Non.
- Alors on fait des rêves ensemble !!!
Cria l'autre en le forçant à s'allonger sous lui.

Il ferma les yeux et son souffle devint régulier. Il dormait. Mais ce n'était pas le cas de Bill qui ne savait plus quoi faire. Un peu hésitant, il posa une de ses mains sur la tête de son frère et massa le cuir chevelu.

- Oui ... Tomi. On va faire des rêves ensemble, murmura t'il pour lui-même, ses bras se resserrant autour du corps se collant à lui.

__________________________________________________

Tom ouvrit un ½il puis un autre, se demandant où il se trouvait. Il se souvenait du concert, des filles en back stage, du retour à l'hôtel ... et après plus rien. Il tourna sa tête pour chercher son réveil des yeux mais ne le trouva pas. C'est alors qu'il remarqua que son oreiller était étrange. Il se releva un peu et aperçut une forme fine aux longs cheveux sous lui. Sans plus réfléchir sur son identité, il posa ses lèvres sur celle de l'inconnue. La personne sous lui bougea un peu et gémit en entrouvrant la bouche. Profitant de cette aubaine, Tom embrassa plus sauvagement la personne sous lui. Pour lui c'était une fille, obligé. Et l'absence de seins n'atteignait pas son cerveau.

- To ... Tom, marmonna l'autre.
- Chut, j'ai envie de toi, répondit le blond en posant ses lèvres contre les siennes, pressant le début de son érection contre sa cuisse.
- Mmh, moi au ... Tom !!!!!!! Pas cette fois !! Hurla l'autre en se relevant et en allumant prestement la lumière.

C'est alors que Tom croisa son reflet et fut choqué. Devant lui, les joues rouges et le souffle court, Bill haletait.

- Pas cette fois Tom. Je suis pas bourré, je ne te laisserai pas le refaire.

Lentement, il reprit contact avec la réalité, analysant les paroles de son frère.

- Refaire ? Refaire quoi ? Commença t'il à paniquer.
- A baiser voyons.
- Par ... Pardon !?


Il n'arrêtait pas de cligner des yeux, assimilant les dires de son jumeau. Il se releva d'un bond en s'éloignant le plus possible de Bill. Depuis quelques secondes des évènements inimaginables envahissaient sa tête. Il tituba, se raccrocha aux rideaux de la fenêtre et tomba dans un grand fracas. Tout son corps tremblait.
Paniqué, Bill le rejoignit rapidement et s'accroupit pour être à son niveau. Il lisait dans le regard de Tom tant de choses que s'en était effrayant.
Doucement, ce dernier plongea son regard dans celui du brun, des larmes silencieuses coulant sur ses joues.

- Dis moi que c'est pas vrai. Qu'on l'a pas fait. Dis moi que c'est un cauchemar et rien de plus. Dis moi que je n'ai pas fait ça, que tu ne m'as pas laissé faire ça. Dis moi que je n'ai pas aimé, que je ne t'aime pas de cette manière ... de celle d'un ... amant.


Le dernier mot avait été à peine murmuré mais c'est à ce moment là que Tom éclata en sanglots. Perdu, ayant vécu la même chose quelques heures auparavant, Bill enlaça son frère pour lui apporter un peu de réconfort. Il le berçait doucement, lui murmurant des paroles rassurantes, des mots qu'ils croyaient oubliés. Des mots d'enfants perdu et peureux, des mots d'adolescent déçu, des mots ... il n' y avait plus eu de mots après ça. Il en avait eu peur, les avait chassé pour laisser place à ceux d'un homme glorieux, au sommet de sa carrière artistique. Il avait tout oublié, fuyant ce passé innocent mais qui l'effrayait en même temps. Raisonnement puéril et enfantin, actions d'un enfant dans un homme ... ou d'un homme dans un enfant ?
Le corps tremblant finit par se calmer et s'extirpa avec regrets de l'étreinte chaleureuse et rassurante de Bill. Il avait eu l'impression, pendant quelques minutes, de se retrouver des années en arrière, consolant son frère ou vice versa pour un chagrin d'amour, une mauvaise note, une moquerie trop méchante. Mais cette époque était révolue et ne devait plus être. C'était un cauchemar que de s'y replonger. Une souffrance morale, lacérant le c½ur et l'âme. Le tourniquet s'était arrêté de tourner et il en était descendu pour aller sur la scène des adultes.

Les deux jeunes hommes se relevèrent, leurs iris toujours ancrés dans ceux de l'autre. Leurs mains s'enlaçaient et même si leurs cerveaux leur dictaient de stopper ce contact, ils en étaient incapables. Inconsciemment, leurs corps se rapprochèrent et dans une caresse aérienne ils s'embrassèrent. Tout en continuant à poser ses lèvres chastement sur celle de son frère, Tom posa une question.

- Bill, qu'est ce qu'on fait ?
- Je sais pas
, souffla le brun qui reposa aussi vite sa bouche sur celle de Tom.

Leur baiser devint plus fou, plus sauvage. Un geste dénudé d'amour mais emplit de désespoir. Bill s'accrocha aux épaules de Tom, plantant ses ongles dans son tee-shirt alors que le bond faisait de même sur les hanches dénudées du brun. Leurs désirs s'éveillaient et le besoin de les assouvir se faisait impérieux. Une scène déjà vécue, juste la nuit d'avant. Une boucle se recréant, sans fin. Rapidement ils se retrouvèrent allongés par terre, s'embrassant jusqu'à ne plus avoir d'air. Les quelques vêtements les recouvrant volèrent et ils se retrouvèrent nus.
Entre deux gémissements, Tom se rapprocha de l'oreille de Bill et lui murmura :

- On fait une bêtise.
- On ne sait faire que ça,
lui répondit le brun en donnant un violent coup de bassin, les faisant gémir tous les deux.
- C'est pas bien.
- Mais on a besoin.


Ils arrêtèrent de parler, se concentrant uniquement sur le sexe. Tout dans leur tête leur criait d'arrêter mais c'était plus fort qu'eux. Déraison puérile, sentiment de déchéance, besoin d'avancer et d'espérer que ce sera mieux après ... caprices d'enfants en perdition. Des larmes coulaient en même temps que Tom entrait un doigt dans l'intimité de son frère. Peur de revivre ce bout de passé avec lui ... encore ... de revoir le cauchemar des enfants se réaliser. Monstre de lumière, ange qui tournait et clignotait, souvenirs se mêlant, se mélangeant, se déformant. Il se noyait en Bill pour effacer les images d'horreur qu'il voyait. Et Bill gémissait, en demandait encore plus, s'empalait d'avantage pour ne plus voir les atrocités. Dire que l'on allait bien que tout ira bien. Toujours mentir. Et puis finir par faire un caprice parce que l'on voulait des étoiles ... l'on voudrait tout. Ces atrocités là, celles d'un enfant gâté et pourri. Pourri jusqu'au plus profond de son être. Et il voulait tant que dans ce geste de perdition, Tom détruise ça, tout ça.
Errance et fuite, ils se perdaient l'un dans l'autre, leurs souffles se mêlaient, leurs membres s'emmêlaient, leurs cris se perdaient. Les corps tremblaient, signe de l'orgasme imminent, de l'apothéose les submergeant ... ou de l'apocalypse ?

Les mains de Tom s'activaient sur le sexe du brun. Ce dernier n'en pouvait plus et se retenait de toutes ses forces, ne voulant pas quitter ce paradis au goût d'enfer. Il savait que ce qui l'attendait après était bien pire. Il secouait la tête et se mordait la langue pour espérer une seconde de plus, une seconde de moins dans l'enfer du quotidien ayant perdu ses saveurs paradisiaques. Mais il y avait toujours des limites, toujours un moment où il le rattrapait et le frappait, le malmenant avec délice.
Tom était exactement dans le même état que Bill. Il attrapa le visage de son frère dans ses mains et ancra son regard dans le sien. Il avait besoin de le voir jouir, de voir le lien entre eux, de voir son reflet, de se voir lui et pas ... l'autre. Cet autre qui lui ressemblait tant et pas du tout. Ce corps, ce visage, mais pas les mêmes attitudes, pas le même comportement. Un autre qui avait pris sa place au fil du temps, rongeant l'enfant puis l'adolescent pour les chasser. Mais en cet instant, perdu en Bill, il se souvenait d'eux, des “Tom” qui étaient lui. Dans un cri rauque, il jouit, suivi de prêt par Bill.
Ce dernier avait succombé, s'était laissé allé alors qu'il apercevait une étoile, puis une autre, brillant au dessus de lui. Cette étincelle qu'il croyait perdue, qu'il pensait ne plus revoir, surgissait dans les pupilles dilatées de son jumeau et illuminait d'un seul coup son existence passée. Il sourit et se laissa retomber.
Passé de bonheur et d'illusions puis de honte et de déshonneur. Vie qui n'était autre qu'un rêve éveillé, un idéal de gosse, mais qui au final se terminait en cauchemar car ce n'était pas la chevauchée heureuse attendue. C'était ce cauchemar qu'il refusait au début de réellement voir mais qui l'aveuglait désormais. Comble ou ironie ? C'en était presque pathétique ... toute cette situation. Se noyer dans un autre cauchemar pour en oublier un. Rêver du passé alors que celui-ci rêvait du futur ... il tournait en rond au bout du compte.

Tom se retira de l'antre chaud et étroit de Bill et s'allongea à ses côtés.

- Tourne, tourne, tourne, marmonna le brun.
- Macky, encore un tour.
- Oui Tomi, encore un.


Ils se perdaient encore dans ces souvenirs alors qu'ils se noyaient une nouvelle fois dans les méandres du plaisir et de la honte. Honte moins douloureuse que celle du présent se trouvant juste à côté d'eux, posée en boule dans un coin. Oublié le temps d'un soupir, le temps d'un espoir enfantin.

__________________________________________________

Les quatre filles discutaient avec entrain avec les quatre garçons. Elles avaient gagné un concours très difficile et passaient la journée avec le groupe de musique Tokio Hotel. Elles avaient entre quinze et dix-neuf ans, avec des looks différents. Les deux plus jeunes ressemblaient beaucoup à Bill avec leurs cheveux noirs, leur maquillage, leurs vêtements et leurs bijoux rock. Par contre les deux autres avaient un style bien à elles, pas copié. Un mélange de rock, de classique et une touche personnelle. Par chance ils étaient tombés sur deux légères groupies et deux vrais fans qui les connaissaient depuis Devilish.
L'évocation de l'ancien nom du groupe fit crisper Tom et un sourire forcé, ce même et toujours sourire, naquit sur les lèvres de Bill. Gustav et Georg riaient en évoquant des souvenirs de leurs bêtises de gamins, une légère lueur de tristesse dans leurs prunelles. Epoque révolue, oubliée et jetée à la poubelle comme une vieille chaussette usagée. Mais à la différence des jumeaux ils vivaient mieux ce bonheur d'enfants, ayant mieux grandi qu'eux. Parce que oui, grandir ce n'est pas facile.

- Dis Tom, tu pourrais jouer un morceau s'il te plait
, demanda Ilse, la plus âgée des quatre.
- Ok, répondit il en souriant.

La matinée touchait presque à sa fin et déjà des affinités avec telle ou telle fille s'étaient créées. Tom et Ilse s'entendaient très bien, et flirtaient légèrement par moment. Pour Bill et Rose, celle de dix-sept ans, c'était un peu la même chose même si eux venaient de s'isoler un peu pour être tranquille. Alors qu'il embrassait à pleine bouche cette fille qui lui plaisait énormément, autant physiquement que psychologiquement, Georg arriva et leur indiqua qu'ils allaient manger. Les deux jeunes personnes s'arrêtèrent et rejoignirent le reste du groupe.
Le reste de la journée se passa très bien, une très bonne ambiance régnant parmi les huit jeunes. Un énorme rapprochement s'était effectué entre Bill et Rose qui avaient même failli coucher ensemble à un moment. Mais elle l'avait arrêté, ne voulant pas être une simple baise d'un jour. Pour Tom, ils s'étaient juste embrassés. Les deux filles leurs plaisaient beaucoup et ils décidèrent donc d'échanger leurs numéros pour se revoir, et peut-être plus.
Dans une voiture noire aux vitres teintées, des mains sortaient par les fentes des fenêtres et s'agitaient pour dire au revoir. Leur journée en compagnie du mythique groupe rock était terminée.

- Eh dites, vous vous arrêtez jamais ? Demanda Georg en se tournant vers les jumeaux.
- De ?
- Draguer, baiser, chauffer. Tout ça.
- Georg c'est pas parce que tu es fiancé avec Anna et qu'elle porte ta fille que l'on doit faire abstinence
, répliqua Bill.
- Gus n'a rien tenté, se justifia l'aîné du groupe.
- Gus est bi et a des vues sur un des mécaniciens.

Le batteur lança un regard noir à Tom qui venait de dévoiler ce que lui-même avait du mal à accepter. Oui, il était bi et ne le savait que depuis peu, depuis qu'il se sentait fortement attiré par cet Hans, tout jeune nouveau dans les mécaniciens. Puis une voiture vint les chercher pour une autre interview, identique à toutes celles d'avant ... toujours les mêmes questions et toujours les mêmes réponses.

Alors qu'ils étaient rentrés à leur hôtel, épuisés, Bill sortit dans le couloir pour aller rejoindre une des serveuses et voir si il y avait possibilité de plus. En passant devant la chambre de Georg, il surprit une conversation entre le batteur et le bassiste.

- ... Bill, oui Bill. Surtout lui.

On parlait de lui et cela l'intrigua. Alors il s'arrêta et écouta la discussion.

- En y réfléchissant, oui.
- Reparler de Devilish m'a vraiment fait bizarre
, dit Gustav.
- J'avais oublié ce qu'on était ... avant. On a vraiment changé, trop peut-être. Enfin je trouve que c'est surtout Bill comme je te l'ai dit.
- Oui, il n'est plus celui de Devilish, ou du début de TH.
- On dirait qu'on a affaire à une autre personne. Cette façon qu'il a de toujours paraître bien alors que je suis sûr que par moments ça ne va pas. Je sais plus quand c'est vrai ou quand c'est faux. Toujours le même sourire, le même visage, dans toutes les circonstances. Je ne m'en étais pas vraiment rendu compte mais maintenant que tu m'en parles ...
expliqua Georg.
- Et puis toutes ces filles ! C'était le rôle de Tom ça. Lui au contraire, c'était l'inverse. J'ai toujours pensé qu'il serait le plus sage de nous quatre. C'était celui qui disait croire le plus en l'amour, le vrai.

Bill, écoutant toujours à la porte n'en pouvait plus. C'était un monstre qu'il décrivait, pas lui. Etait il devenu un monstre ? Était il ce Bill là ? Alors où était passé l'autre, celui de son enfance et son adolescence ?
Il fit demi tour et retourna dans sa chambre, ressemblant plus à un château à vrai dire. Il s'allongea sur son lit et pleura. Il pleura tout son soul, toute son horreur. Larmes salées de désespoir, sel acide rongeant le c½ur, on voudrait croire que c'est un rêve. Mais la réalité était bien trop là, trop présente et pesante. Illusions en morceaux, idylle en chute libre et sans parachute, la réception fut douloureuse ... trop. Lacérer ne servirait à rien, brûler non plus. Rongé de l'intérieur, le corps ne se reconnaissait plus dans un miroir. Il pourrissait de l'intérieur et l'extérieur n'était plus qu'une enveloppe maquillée à longueur de journée pour ne pas paraître trop morte. Un cadavre c'est plus beau déguisé ... non, un mort vivant c'est plus beau déguisé.
Il continua de pleurer, des souvenirs aux milles couleurs avec des rires cristallins refaisant surface. Lorsqu'il s'arrêta enfin, ayant épuisé son stock de larmes, il était presque vingt-et-une heures.
Il se leva, fébrile, sortit de sa chambre et toqua à la porte du numéro cinq cent trente. Le propriétaire ouvrit et laissa passer le brun. C'était la première fois que Bill voyait la chambre de son frère.

- C'est petit, murmura t'il pour ne pas briser le silence.
- Quand c'est trop grand j'ai peur de me perdre, se confia le blond. Je préfère être confiné, au moins je me retrouve.

Ils s'assirent sur le lit deux fois moins grand que celui du chanteur. Un silence un peu pesant envahit la pièce. Tom se racla la gorge, ne sachant pas trop quoi faire. Après tout, c'était Bill qui était venu le retrouver. Mais voyant que son frère ne se décidait pas, il prit la parole.

- Elles étaient bien les filles hein ? Tu la reverras Rose ?
- Je sais pas. Peut-être. Et Ilse ?
- J'aimerais beaucoup. Vraiment.


Puis un autre silence embarrassant arriva.

- Dis Tom ... On est normal ?
- Comment ça Bill ? C'est quoi la normalité pour toi ?
- Je sais pas. Mais ... nous ... ce qu'on a fait ... je suis un monstre hein ? Gus et Georg l'ont dit. J'en suis un ?
demanda Bill, les larmes prêtes à couler.

Il ancra son regard dans celui de Tom pour la première fois de la soirée, espérant y trouver une réponse. Une main douce et fraîche, reposante et calme se posa sur sa joue et la caressa tendrement.

- Non. Tu n'es pas un monstre. C'est tout ce qui nous entoure qui en sont. La richesse, la gloire, les groupies hystériques. Toi tu es toujours mon Macky, dit il d'une voix douce et calme.
- C'est ... c'est vrai ?
- Oui.


Et en affirmation à ses dires, il posa chastement ses lèvres sur les siennes. Un simple frôlement d'air. Mais pour Bill c'était le signe du début de sa nouvelle chute. Il attrapa brusquement Tom et l'embrassa avidement, collant sa langue à son palet et jouant avec son homologue.

- Bill ... gémit le blond. Tu es sûr ...
- Tom je veux revoir la lueur dans tes yeux, celle de notre enfance. Quand on tournait sans fin sur les manèges de la place. Je veux monter et descendre sur le cheval comme avant. Montre moi, Tom. Montre moi
, le supplia le brun en pleurant pour de bon cette fois.
- Je ... Attends.

L'aîné des deux se recula et se leva.

- J'en ai envie aussi, chuchota t'il. Très envie. C'est un besoin même. Me fondre en toi, te voir gémir et jouir. Je veux te faire jouir. Je ne sais pas trop pourquoi mais ... j'ai l'impression dans ces moments d'être moi, réellement moi. Je suis probablement fou et bon pour l'asile mais ... et toi ?
- Idem
, répondit simplement l'autre.

Il se leva et rejoint son frère qui fixait l'horizon par la fenêtre. Il l'enlaça par derrière et posa son menton sur son épaule.

- Tom, je crois que je vais la revoir aussi Rose. Je l'aime bien et elle me plait beaucoup.
- C'est bien
, murmura Tom.

Ce dernier se retourna et embrassa avec ardeur les lèvres devant lui. Ses mains s'activaient sur le corps pressé au sien alors qu'il le poussait pour l'allonger sur son lit.

Alors que leurs corps nus se frottaient l'un contre l'autre, attisant leur désir, Bill fit basculer Tom, se retrouvant au dessus de lui. Il donna un violent coup de rein les faisant crier tous les deux. Il gémit :

- Pour toujours ?
- Pour toujours.
- Même quand on se mariera, qu'on aura des enfants, tu me laisseras faire naître cette étincelle dans tes yeux hein ?
- Promis. Et toi ...


Tom attrapa leurs deux sexes dans sa main pour les frotter l'un contre l'autre.

- Et toi ... reprit il. Toi tu me laisseras te prendre encore et encore. Tu me laisseras cette partie de toi, celle que je suis le seul à connaître. Toujours.

Et alors que le brun se relevait un peu et s'empala brusquement sur le sexe de son frère, il murmura :

- Promis.

Il montait et descendait sur le membre dur et chaud de Tom dans une extase au goût d'innocence.
Juste du sexe, sans amour ... enfin celui d'un amant. Ils étaient juste des frères perdus dans un monde d'adultes. Des enfants dans des corps d'hommes, des enfants innocents qui cherchaient à retrouver la candeur perdue trop vite. Perdition enfantine ... ad æternam.

FIN


Date : Avril 2008
Sinièn

# Posté le jeudi 17 avril 2008 09:38

Modifié le samedi 15 novembre 2008 07:49

Ma lumière ...

Ma lumière ...
Ma lumière ...

([lien] "J'veux qu'on baise sur ma tombe" de Saez)



Noir, il fait noir, tellement noir, trop noir.
Blanc, tout est blanc, je suis blanc.
Rouge, plus de rouge, pas en moi, plus en moi.

A la lumière obscure
Je te croise enfin
Mon dieu que tu es belle

Je tends la main, larme salée sur ma joue. Unique. Symbolique. Des contours que je dessine du bout des doigts. Tu lui ressembles tant. Je voudrais te toucher, t'enlacer. Mais ce n'est pas encore le moment.
Bientôt ...

Toi la seule toi l'ultime
Entre les hommes égalité
S'il te plait prends ma main
Ne te fais plus attendre

Je ne suis pas libre, ni égal. Lois contre moi. Lois contre mon corps. Tous contre un, contre moi. Arrête de me faire languir et saisis ma main. Les hommes me lapident, je ne suis plus rien.
J'ai trop attendu pour te rejoindre. Trop longtemps j'ai rêvé de toi. Et maintenant que tu es là, je t'en prie, ne me laisse pas seul avec eux. Tous ces hommes sans lois, tous ces hommes de loi, tous ces hommes ... même lui.

Il est temps de s'étreindre
De s'éteindre
Une dernière cigarette

Fumée autour de moi, cendres sur le rebord froid, gouttes noires sur le rouge. Sourire béat un peu innocent encore, lèvres étirées à ta vision. Tu arrives doucement vers moi et je te tends les bras. Oh oui, prends moi, berceau des bras de la mère, des bras de l'amant. Etreinte de chaleur amoureuse. Que je sente ta peau nue contre la mienne. Douce. Comme toi.
Doigts non loin, doigts fins et tentants. Doigts de honte et de pêchés, doigts de souvenirs et d'illusions ... nos doigts identiques.

Les guerriers de la route avaient pourtant prédit
La mort ou la naissance
Ça dépend du c½ur

La voiture de nos débuts, de notre rencontre. On ne s'en souvient pas mais c'est là toute la magie de notre lien. Tour, tourne, roule, virages sans fin, toujours avec toi. Ce toi que je rêvais. A deux et à quatre et plus. Mais moi seul, tout seul. Naître cent fois et mourir mille fois. Naître à deux et mourir à un. Naître à quatre et mourir à un. Naître tout seul et mourir sans y arriver. Naître en premier ou en dernier, importance puérile, parce que l'on naît en même temps.
Un battement en même temps, le premier et les autres identiques. Multitudes de c½urs battant sans fin. Et le tien si différent, en harmonie au mien qui hurle. Le tien sourd à tout ça, trop de coeurs autour de nous.
Et le voilà différent maintenant. Plus lent et moins hurlant. C'est le son de la mort je crois.

Au soleil qui s'incline
Allez finissons en
Et laissons s'accomplir le firmament

Encore plus haut, au plus haut des sommets. Des étoiles dans les yeux, dans tes yeux, le rêve était beau.
Mais l'horloge sonne ses coups du soir. Coups rythmés avec les miens. La lumière s'éteint, le soleil s'en va. Mais le mien est déjà mort depuis longtemps. Brillant de milles feux, brillant pour tant de gens, mais plus pour moi. Voile devant les yeux, je n'arrive plus à distinguer le décor. Scène, flashs, spots, fans, paillettes. Hologramme du bonheur et toi tu souriais, ne te souciais pas de mon hologramme à moi. Grands écrans, mon visage peint dessus, notre même visage, différent dans les détails. Sourires, et larmes, mais rien n'a de sens si tu ne te penches pas sur le firmament de notre gloire.
Monter toujours plus haut, et moi encore plus que toi. Te laisser plus bas parce que tu ne me suis plus. Aller sur le dernier barreau de l'échelle de la joie, essayer de grimper, je le fais et je tends les bras pour m'agripper aux fins liens entre elle et moi. Nuages blancs, nuages noirs, mais pas de rouge, c'est moi qui le suis.

Plongé dans l'infini dans le gouffre sacré
De Katagena
Me noyer à jamais
Et puis quitter ce monde sans pudeur ni morale

Nu, pas de vêtements, plus de masques. Juste mon vrai visage, mon vrai corps meurtri de mon ascension. Douche du ciel, pleure-t-il pour moi ? Ou alors ce sont mes larmes qui nettoient ma peau du dernier noir sur elle. Dernières traces de mon masque noir, de mon masque pour toi. Plus de pudeur, je suis nu, offert à elle. Elle m'attire dans le gouffre de son monde. Monde des dieux, sacré pour tant de gens. Monde sur terre avec des morales et des lois, alors que c'est faux. Car il est sans ça, rien de tout ça, juste une immense baignoire remplie d'eau pure. Eau où l'on se noie, où je me noie alors que je sombre dans ses bras.
Katagena, pourquoi ce nom ? Je l'ignore. De toute façon elle n'en a pas vraiment. J'aurais pu l'appeler comme toi, mais ce serait encore me bercer dans mes illusions. Et pour cette fois c'est elle qui me berce. Tout comme le faisait notre mère lors de nos cauchemars d'enfants. Berceuse absente, seule différence, et tu n'es pas là. Pas tes bras, pas ses bras, juste ceux de Katagena.

Jveux qu'on baise sur ma tombe
Jveux qu'on baise sur ma tombe

Tu l'as déjà fait sans le savoir. Tu ne me voyais pas mais moi oui. Avec l'autre et une autre. De toutes les couleurs, mais la même forme. Formes que je n'ai pas, jamais je n'aurai. Parce que je suis comme toi et que ce corps n'est pas dans tes fantasmes. Te faire l'amour est inconcevable. Te baiser toi-même, tu en aurais hurlé au crime. Car je ne suis que ça, un meurtrier. Baudelaire l'a dit, " Ce qu'il y a d'ennuyeux dans l'amour, c'est que c'est un crime où l'on ne peut pas se passer d'un complice. " Complice, c'était le paradis sur terre. Mais jamais tu ne l'as été. Trop pur pour commettre un tel acte contre la loi. J'étais le seul à fauter.
Tombe grise, mélange de noir et blanc, il ne manque plus que le rouge pour parfaire le tout. J'arrive, laisse moi le temps de te baiser une dernière fois dans mes cauchemars de petits princes, remplis de toi et de moi, de nous.

Que la grâce s'accomplisse
Immortelle jouissance

Trop de fois, trop souvent, avec ces doigts, tes doigts que je m'imaginais. Abattez moi pour cet acte que je salissais. Et peut-être avec un peu de chance, avec cette dernière étincelle d'innocence que je gardais pour toi, la grâce arrivera. On me la donnera parce que je n'ai rien fait de mal au fond. Juste trop rêvé, trop aimé, trop joui. La première était intense et restera sur moi à jamais. Du blanc sur mon corps rouge, la dernière cette fois. Juste avant d'être gracié par les grands des immortels.

Que les femme s'unisse dans un parfait accord
Rien que pour un instant

J'aurais pu, mais n'y suis jamais arrivé. Toi c'était ton quotidien, moi ma hantise. S'unir, c'était l'accord parfait entre deux êtres. Même une seconde, juste ça, avec toi, toi et moi. Mais c'était tellement puéril d'y croire. Parce que tu voulais une femme, parce que tu aimais une femme. Et moi j'étais un homme.
Tant de fois j'ai essayé de devenir comme elle. Maquillage, cheveux longs, démarche, attitudes, langage, j'avais beau me déguiser tu ne me voyais pas comme elles.

L'éphémère devienne
Eternité

Je m'en vais, ne me retenez pas. Parce que je veux devenir éternel, ne plus être une tache sur le monde de ta vie. Je n'ai pas tellement vécu. Tel l'éphémère, deux jours de vie et après la chute. Raccroché à une rampe, raccroché à ta main qui glissait trop vite de la mienne. Mes illusions éphémères prendront vie dans l'océan où je vais, où je me noie un peu plus au fil des secondes. Le soleil décline et je le suis. Pas de nuit cette fois. Pas de vils gestes en pensant à toi. Pas de fausses illusions. Cette nuit tout deviendra éternel et mes rêves se répèteront sans cesse.

J'aurais aimé t'aimer
Comme on aime le soleil

L'amour est si beau, mais seul c'est comme un enfer. T'aimer, je t'ai aimé, mais pas assez peut-être. Ou pas comme je devais sûrement. Comme j'aimais quand le soleil se reflétait sur ta peau dorée, dansait dans tes cheveux blonds, se noyait dans tes prunelles. Tu étais mon soleil et je n'étais rien pour toi. Pas assez de sentiments entre nous, juste des frères. Liens brisés, brûlés au soleil, je les ai brûlés moi-même le jour où la jouissance m'a emporté. Brûlés par la chaleur de mon corps, par la chaleur de mon amour.
Mais je crois que j'ai brûlé mes ailes aussi. Ailes blanches devenues rouges des flammes, les tiennes restent intactes.
Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai. Mais toi tu n'as jamais dépassé le premier stade.

Te dire que le monde est beau
Que c'est beau d'aimer

Mais je te mentirais. Parce que j'en meurs et je meurs. Parce que j'ai mal partout. Corps souffrant, endolori, nerfs à vif, peau à vif, le rouge s'échappe et me fuit.
Beauté, tu es la seule chose belle dans ce monde. Mais le vois-tu ? Je ne pense pas. Tu danses autour d'elles qui ne voient pas ta réelle âme. J'étais le seul à t'aimer et tu étais le seul à ne pas m'aimer comme je le voulais.
L'amour est beau quand il fait deux, pas un ou zéro. Et nous ne faisions plus deux depuis tant de temps.

J'aurais aimer t'écrire
Le plus beau des poèmes

Tracé sur ma peau, lis le. Comprendre chaque mot, chaque lettre révèle du mystère. Entouré de rouge plus rien n'est lisible.
Poèmes pour toi, pour nous, de toi et de moi, tu les lisais mais ne les comprenais pas. Nombreux, sans fin parfois, presque, aveugle tu ne voyais pas les larmes versées sur le papier. Alors je ne t'écrivais plus et gardais mes mots pour moi. Le plus beau de tous mourra avec moi, dans mon c½ur, gravé dans mon sang, notre sang, identique. Sauras-tu retrouver les lettres éparpillées dans la baignoire et trouver le sens ? Comprendras-tu le sens de mon sang ? Sang sans sens, sens de sang, sang pour sang, sens sur mon sang. Notre sang ... mon poème.

Et construire un empire
Juste pour ton sourire

Illuminé par eux, forteresse autour de moi, j'essayais de construire ton empire, en vain. Tu l'avais déjà fait, sans moi, sans me donner le clef du la lourde porte. Plus autorisé à y entrer, rejeté, banni. Pourtant il était beau celui que je t'avais construit. Ton sourire y aurait été encore plus beau. Ton sourire aurait peut-être été pour moi.

Devenir le soleil
Pour sécher tes sanglots

T'entendre pleurer était comme une déchirure. Seul consolateur de ces larmes, tu me refusais depuis quelques temps leur accès. Je croyais être le seul à avoir ce droit, ce privilège, être cette chaleur t'enveloppant pour te réconforter. Mais chassé, rejeté, tu m'as éloigné d'elles. Des sanglots que je comprenais plus, qui étaient destinés à une autre.
Alors que je brillais de milles feux, de mon amour pour toi. Mon soleil était plus beau que le sien mais tu ne le voyais pas pareil. Pas d'amour, juste de frères. Et il a fini par me consumer.

Et faire battre le ciel
Pour un futur plus beau

Que nos c½urs battent à l'unisson comme lors de notre naissance. Voir nos battements uniques se lier et ce pour toujours. Que le futur semble plus beau ainsi. Mais moi je m'en vais, je vais au ciel pour battre là haut. Et peut-être que cette fois, tu entendras le ciel battre de mon c½ur, et qui sait, t'apporter un futur meilleur que celui que je t'offre en mourant à quelques mètres de toi. Me pardonneras-tu de battre là haut, et pas avec toi ?

Mais c'est plus fort que moi
Tu vois je n'y peux rien
Ce monde n'est pas pour moi
Ce monde n'est pas le mien

Je ne lutte plus depuis si longtemps. Cette fois c'est définitif. Partir et ne plus jamais revenir. Elle me guide vers la mort, vers elle et je la suis avec soulagement.
Je n'ai plus ma place ici. Idole morte, étoile éteinte depuis trop longtemps, je vous montre la vérité que tout le monde refuse de voir. Monde de gloire et de victoire, de succès, je voulais juste être ta victoire et ta gloire. Pas capable de continuer, le décor avance sans moi et cette fois je me laisse tomber de la scène. Je te jure, j'ai essayé de lutter, de combattre cette chose en moi. Ne plus penser à mon amour, l'oublier, le remplacer ... c'était bien trop me demander. Pas une seule fois j'y suis arrivé. Parce que j'étais toi et tu étais moi autrefois. C'était toujours nous. Et puis c'est devenu, toi et moi, Bill et Tom. Un blond, un brun, un pour la musique, l'autre pour la chanson. Habits larges pour toi et moi tout l'inverse. Toi et les femmes, moi et aucune car que toi pour moi.
Mais tu ne m'as pas vu en ces moments là et je quitte désormais le monde qui ne me ressemble plus.

Au revoir mes amis
Au revoir mes frères
Au revoir mon pays

Un dernier mot pour vous, ceux que je croyais être indispensable à ma vie. Ne pleurez pas de ma mort, ce n'est pas de votre faute. Juste la mienne. Amis fidèles depuis toujours, je ne vous en serai jamais assez reconnaissant.
Pays de ma naissance et de ma mort. Terre de mes premiers pas et de mes derniers. Ne faites pas pareil que moi pour me suivre. Pays de mon c½ur, pardon de vous quitter, vous qui n'avez jamais rien demandé. Si je n'avais pas eu le désir fou de devenir une étoile et un soleil en même temps, rien de tout cela ne serait arrivé. Parce que je ne peux pas être des deux. Et j'ai d'abord été une étoile avant de vouloir devenir un soleil, le sien.

A nous deux la lumière

Je te donne la mienne, prends en soin, garde la et protège la. Quand tu me rejoindras, redonne la moi, uniquement à ce moment. On était deux lumières et la mienne meurt. Tout devient noir, le néon de la salle de bain, les éclairages de la scène et des flashs disparaissent de ma vue.
Elle m'emporte vers le blanc, la lumière blanche de son monde. On est deux à y aller mais je viendrais te chercher quand tu la verras aussi. Je t'attendrai et t'aimerai encore.

Au revoir Franckie
Au revoir les printemps
Au revoir pauvre monde

Inconnu, je ne saurais jamais qui tu es. Pardon de ces illusions que je t'ai données. Je laisse tout derrière moi. Dernier salut de la main, dernier signe de tête, c'est mon adieu. Saison de tant de premiers et derniers, saison de l'amour comme on dit. Alors je te quitte aussi. Les fleurs se ferment, il fait nuit. Demain elles s'ouvriront sans moi. Plus de printemps, je pars enfin. Monde pauvre, gens pauvres, avec des rêves pleins la tête, gardez l'espoir de devenir riche de vos émotions. Moi je n'ai pas réussi à le faire, mais vous, si.

A nous deux satan

Et tant pis je vais en enfer. Je le mérite aussi. Parce que c'est anormal de t'aimer comme ça. Amour comme amant, frère comme amant, jumeau comme amant, c'était mon idéal. Alors si je dois brûler encore un peu plus, pour l'éternité, je l'accepterai. Puni pour mes pensées et cet acte de lâcheté, non divin.
Je mérite autant d'aller en haut qu'en bas ... parce que je t'aime et que c'est interdit pour nous deux.

Au revoir mes amis
Au revoir mes frères
Au revoir mon pays

Une dernière fois, je vous salue, cette fois c'est définitif. Même les ambulances et les chocs électriques ne pourront plus rien pour moi. Un dernier soupir, je le sens arriver. Profiter de ce dernier souffle.

« Au revoir. »

Et puis s'éteindre enfin, emportant mon amour avec moi.

A nous deux la lumière.

« Bill !!! »

C'était ma seule lumière, mon frère jumeau qui hurle mon nom. Ma lumière ...

FIN


Date : Juin 2008
Sinièn

# Posté le lundi 02 juin 2008 16:00

Modifié le dimanche 18 janvier 2009 15:51